Un sifflement ou un bourdonnement dans l’oreille, alors que vous serrez ou grincez des dents la nuit ? Le lien entre bruxisme et acouphènes intrigue beaucoup de patients. Il existe, mais il est plus subtil qu’on ne le croit, et il ne concerne pas tout le monde. On vous explique ce que l’on sait, comment reconnaître les signes, et pourquoi un bilan médical reste la première étape.
L’essentiel à retenir : Chez certaines personnes, le bruxisme et les tensions de l’articulation de la mâchoire peuvent moduler des acouphènes : on parle d’acouphènes somatosensoriels, dont l’intensité varie avec les mouvements de la mâchoire ou du cou. Ce lien n’est pas systématique. Un acouphène doit toujours être évalué d’abord par un médecin ou un ORL. Si la mâchoire est en cause, agir sur le bruxisme (gouttière occlusale, gestion du stress, kiné) peut aider, mais une gouttière ne « traite » pas un acouphène. Évitez l’autodiagnostic.
Bruxisme et acouphènes : quel lien ?
Oreille et mâchoire, deux voisines connectées
L’oreille et la mâchoire sont voisines et connectées. L’articulation temporo-mandibulaire se situe juste devant le conduit auditif, et une dysfonction de l’ATM peut retentir sur la sphère auditive. Chez les personnes qui font du bruxisme, les tensions musculaires mandibulaires et une mauvaise occlusion dentaire créent un contexte propice à ce qu’on appelle des acouphènes somatosensoriels : des bruits perçus dans l’oreille dont l’intensité se modifie quand on bouge la mâchoire, qu’on serre les dents ou qu’on sollicite le cou.
Ce que dit la littérature médicale
Selon une revue scientifique sur les acouphènes et l’articulation temporo-mandibulaire, les signes otologiques, en particulier les acouphènes, sont nettement plus fréquents chez les patients souffrant de troubles de l’ATM que dans la population générale. Stress et bruxisme agissent comme des modulateurs : ils n’inventent pas forcément l’acouphène, mais peuvent en amplifier la perception. La prévalence des acouphènes est d’ailleurs élevée dans la population générale, et le bruxisme n’en est qu’un facteur possible parmi d’autres. C’est un lien réel, mais partiel et variable d’une personne à l’autre.
Comment savoir si mes acouphènes sont liés à la mâchoire
Quelques indices font suspecter une origine liée au bruxisme, sans jamais valoir diagnostic. Des symptômes auditifs liés au bruxisme s’accompagnent souvent d’autres signes de tension :
- L’acouphène change d’intensité quand vous bougez la mâchoire, serrez les dents ou tournez la tête.
- Il coexiste avec des douleurs de mâchoire, des craquements ou une mâchoire fatiguée au réveil.
- Vous présentez d’autres signes de bruxisme : usure des dents, maux de tête liés au bruxisme, tensions cervicales.
- Les symptômes s’aggravent en période de stress.
Cette connexion entre la mâchoire et l’oreille explique pourquoi certains acouphènes « répondent » à la prise en charge de la mâchoire. Mais attention : d’autres acouphènes n’ont rien à voir avec le bruxisme.

Acouphènes : consultez d’abord, n’auto-diagnostiquez pas
C’est le message le plus important de cet article. Un acouphène n’est jamais à prendre à la légère et relève d’abord d’un avis médical. Avant de conclure au bruxisme, un médecin ou un ORL doit évaluer votre audition et écarter d’autres causes. Certains signes imposent une consultation rapide :
| Situation | Conduite à tenir |
|---|---|
| Acouphène modulé par les mouvements de la mâchoire, avec douleurs de l’ATM | En parler au dentiste ET au médecin (piste mâchoire à explorer) |
| Acouphène brutal, d’un seul côté, ou avec baisse d’audition | Consulter un ORL sans tarder |
| Acouphène avec vertiges, écoulement ou fièvre | Avis médical rapide |
La bonne approche est multidisciplinaire : ORL, dentiste spécialiste de l’ATM, parfois kinésithérapeute et psychologue travaillent ensemble. Le traitement des acouphènes ne se résume jamais à la mâchoire, et aucune solution unique ne vaut pour tout le monde.
Quand la mâchoire est en cause : gouttière et prise en charge
Lorsque le bilan oriente vers une origine liée à la mâchoire, agir sur le bruxisme peut apporter un mieux chez certaines personnes. La gouttière occlusale sur mesure, portée la nuit, détend l’articulation et réduit les tensions : en apaisant l’ATM, elle contribue parfois à diminuer la gêne. À cela s’ajoutent des exercices de relaxation de la mâchoire, un massage des muscles masticateurs, de la physiothérapie et une meilleure gestion du stress. C’est le cœur de notre métier : chaque gouttière anti-bruxisme sur mesure à Seneffe est fabriquée sur empreinte en laboratoire, et peut, sous conditions, être partiellement remboursée en Belgique.
Soyons clairs pour finir : une gouttière ne « guérit » pas un acouphène. Elle agit sur la mâchoire, pas sur l’oreille. Quand la composante mandibulaire est réelle, la soulager peut aider, en complément du suivi médical, jamais à sa place.

Questions fréquentes
Le stress peut-il aggraver mes acouphènes ?
Oui, le stress est un modulateur connu : il augmente le serrement des dents et peut amplifier la perception de l’acouphène. Agir sur le stress fait souvent partie de la prise en charge.
Une gouttière va-t-elle faire disparaître mon acouphène ?
Pas de promesse : elle peut aider si la mâchoire est en cause, mais l’acouphène doit d’abord être évalué par un ORL. La gouttière est un complément, pas un traitement de l’oreille.
« L’acouphène, ce n’est pas notre domaine, et je le dis clairement à nos patients : la première étape, c’est un bilan ORL. Ce que je constate, c’est que lorsque la mâchoire est en cause et que le patient serre la nuit, une gouttière qui détend l’articulation apporte parfois un soulagement. Mais on agit sur la mâchoire, sous contrôle médical, jamais à la place du médecin. »
Gaëtan Vanelven, prothésiste dentaire – Labo Vanelven
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